L’implantation d’une unité de production industrielle en Suisse représente bien plus qu’une simple transaction immobilière ou une décision géographique administrative ; c’est un acte fondateur qui conditionne l’ADN opérationnel de l’entreprise pour les décennies à venir. Dans un environnement économique mondialisé où la Suisse se distingue par son excellence technologique, sa stabilité politique et sa fiscalité attractive, le choix du site de production devient un levier de performance central. Une erreur d’appréciation à ce stade initial peut se traduire par des surcoûts logistiques chroniques, une pénurie de main-d’œuvre qualifiée ou des blocages réglementaires insolubles. À l’inverse, une localisation judicieusement sélectionnée, en adéquation avec les flux de marchandises et les bassins de compétences, transforme le site industriel en un véritable actif stratégique. Cet article explore les multiples dimensions — techniques, humaines, réglementaires et financières — qui doivent guider les décideurs industriels dans leur quête du site idéal au cœur de l’Europe, en intégrant les défis de l’industrie 4.0 et les impératifs de durabilité qui redéfinissent les standards de production en 2026.
En bref : Les piliers de l’implantation industrielle suisse
Stratégie globale : Le site n’est pas qu’un bâtiment, c’est un facteur de compétitivité impactant directement les marges opérationnelles.
Logistique multimodale : La proximité du rail (CFF Cargo) et des axes autoroutiers est vitale pour fluidifier la supply chain.
Réglementation et Environnement : Maîtriser les contraintes OPAM/Seveso et les plans d’affectation est un prérequis non négociable.
Infrastructures techniques : La qualité du réseau électrique et la connectivité (5G/Fibre) sont les moteurs de l’industrie 4.0.
Écosystèmes régionaux : Chaque canton (Bâle, Zurich, Vaud) offre des spécialisations sectorielles et des avantages fiscaux distincts.
Pourquoi le choix stratégique du site de production industrielle en Suisse est crucial pour la compétitivité
Dans un contexte de forte pression concurrentielle internationale, la décision d’implanter une usine en Suisse ne doit jamais être le fruit du hasard ou d’une simple opportunité foncière à bas coût. La Suisse, bien que reconnue pour sa stabilité, présente des coûts de structure élevés qui ne peuvent être compensés que par une excellence opérationnelle sans faille. Le choix du site est la première pierre de cette excellence. Il ne s’agit pas seulement de trouver des mètres carrés disponibles, mais d’identifier un écosystème capable de soutenir la croissance de l’entreprise. Une localisation pertinente permet d’optimiser les flux, de réduire les gaspillages et d’assurer une réactivité maximale face aux fluctuations du marché.
La dimension stratégique réside également dans l’image de marque associée au lieu d’implantation. Être situé dans un cluster reconnu, comme la « Watch Valley » pour l’horlogerie ou la région bâloise pour la pharma, confère une légitimité immédiate et facilite les partenariats. C’est une décision qui engage l’entreprise sur des cycles longs, souvent supérieurs à vingt ans. Dès lors, l’analyse ne doit pas se limiter aux besoins actuels, mais anticiper les évolutions futures de l’activité, les extensions possibles et les mutations technologiques du secteur.

Au-delà de l’immobilier : impact sur la performance et rentabilité long terme
Réduire la recherche d’un site industriel à une simple transaction immobilière est une erreur fondamentale qui peut grever la rentabilité de l’entreprise durablement. Le coût d’acquisition ou de location du terrain ne représente souvent qu’une fraction marginale du coût total de possession (Total Cost of Ownership – TCO) sur la durée de vie de l’usine. Les véritables gisements de rentabilité ou, à l’inverse, les gouffres financiers, se cachent dans les coûts d’exploitation induits par la localisation. Une mauvaise isolation thermique dans une région aux hivers rudes, une distance excessive par rapport aux nœuds de transport ou une faible disponibilité énergétique sont autant de facteurs qui érodent la marge jour après jour.
L’impact sur la performance se mesure également à travers la capacité du site à évoluer. Un terrain enclavé, sans possibilité d’extension ou soumis à des restrictions environnementales strictes, peut devenir un frein majeur lorsque l’entreprise souhaite augmenter ses capacités de production. La rentabilité à long terme dépend donc de la flexibilité offerte par le site. Il est impératif d’intégrer dans l’équation financière les coûts de maintenance, les taxes locales spécifiques, mais aussi les économies d’échelle potentielles réalisables grâce à une mutualisation des services dans certaines zones industrielles modernes.
Comment un emplacement industriel devient un avantage concurrentiel durable
Un emplacement judicieusement choisi se transforme rapidement en un levier de différenciation puissant. Dans l’industrie moderne, la vitesse d’exécution et la fiabilité sont devenues des critères d’achat aussi importants que le prix du produit lui-même. Une entreprise située à un carrefour logistique stratégique en Suisse, capable de livrer ses clients européens en 24 heures grâce à une connexion directe aux grands axes, possède un avantage concurrentiel indéniable sur un rival mal positionné. De même, la proximité immédiate avec des centres de recherche de pointe, tels que l’EPFL ou l’ETH Zurich, favorise l’innovation ouverte et le transfert de technologie, permettant de maintenir une longueur d’avance sur le marché.
L’intégration dans un tissu industriel dense permet également de bénéficier d’effets de réseau. La présence de sous-traitants spécialisés, de fournisseurs de services de maintenance industrielle ou de laboratoires de contrôle qualité à quelques kilomètres réduit les temps d’arrêt et sécurise la chaîne de valeur. Pour approfondir ces dynamiques, il est pertinent de consulter des ressources spécialisées telles que celles proposées par ce guide complet sur les données industrielles en Suisse, qui met en lumière comment l’emplacement influence la visibilité et l’efficacité opérationnelle.
Risques d’un mauvais choix de site : menace sur la viabilité de votre projet industriel
Les conséquences d’une erreur de localisation peuvent être désastreuses, allant jusqu’à menacer la pérennité de l’entreprise. L’un des risques majeurs est l’isolement logistique. Un site difficilement accessible pour les poids lourds ou éloigné des terminaux ferroviaires engendre des surcoûts de transport qui, cumulés année après année, peuvent anéantir la marge bénéficiaire. De plus, un emplacement mal desservi par les transports en commun ou situé dans une zone peu attractive peut entraîner des difficultés chroniques de recrutement, voire un turnover élevé, déstabilisant ainsi la production et la transmission des savoir-faire.
Il ne faut pas non plus sous-estimer les risques réglementaires et environnementaux. S’implanter sur un terrain dont le sous-sol est pollué ou dans une zone soumise à des risques naturels (inondations, glissements de terrain) peut entraîner des arrêts de production forcés, des coûts d’assainissement exorbitants et une dégradation de l’image de l’entreprise. Enfin, l’opposition du voisinage, souvent sous-estimée dans les phases préliminaires, peut bloquer tout projet d’agrandissement ou imposer des restrictions d’horaires d’exploitation incompatibles avec les impératifs industriels.
Choisir un site industriel en Suisse : critères géographiques et logistiques essentiels
La Suisse, de par sa topographie complexe et sa position centrale en Europe, impose une analyse géographique fine. Le pays n’est pas un territoire uniforme ; il est composé de vallées, de plateaux et de zones urbaines denses où chaque kilomètre compte. La logistique ne se résume pas au transport de produits finis, elle englobe l’ensemble des flux entrants et sortants, y compris les mouvements pendulaires des salariés. Une analyse rigoureuse doit donc superposer la carte des infrastructures de transport à celle des besoins spécifiques de l’entreprise.
L’intermodalité est le maître-mot d’une implantation réussie en Suisse. La politique fédérale favorise massivement le transfert de la route au rail, notamment pour le transit alpin. Choisir un site disposant d’un embranchement ferroviaire ou situé à proximité immédiate d’un terminal de ferroutage n’est plus une option pour les industries lourdes ou à gros volumes, mais une nécessité stratégique pour anticiper les futures taxes carbone et les restrictions de circulation routière.
L’importance de la localisation vis-à-vis des infrastructures multimodales routières et ferroviaires
La performance de la chaîne d’approvisionnement dépend directement de la qualité de la connexion aux réseaux de transport. En Suisse, l’axe nord-sud (Bâle-Chiasso) et l’axe est-ouest (Genève-Saint-Gall) constituent l’épine dorsale du transport de marchandises. Une implantation à proximité de ces corridors, et plus spécifiquement des échangeurs autoroutiers majeurs (A1, A2), garantit une fluidité optimale des expéditions vers les marchés d’exportation allemands, français ou italiens. Cependant, la saturation croissante du réseau routier impose de considérer sérieusement l’alternative ferroviaire.
Le réseau CFF Cargo offre une capillarité exceptionnelle, desservant de nombreuses zones industrielles. Un site connecté au rail permet de gérer des flux massifs de matières premières ou de produits finis avec une fiabilité horaire que la route ne peut plus toujours garantir. C’est un atout majeur pour la planification de la production et la réduction de l’empreinte carbone, un critère de plus en plus scruté par les clients finaux et les investisseurs. L’accès aux plateformes multimodales permet de combiner la flexibilité du camion pour les derniers kilomètres avec l’efficacité du train pour les longues distances.
Proximité fournisseurs et clients : réduire les coûts logistiques et améliorer la flexibilité
La géographie économique suisse impose de penser en termes de « clusters ». S’implanter au cœur de son marché ou à proximité immédiate de ses fournisseurs clés permet de mettre en place des flux tendus (Just-in-Time), réduisant ainsi drastiquement les besoins en fonds de roulement liés au stockage. Pour une industrie d’assemblage, la proximité des sous-traitants de rang 1 est vitale pour réagir rapidement aux modifications de commandes ou aux aléas de production. Cette proximité physique favorise également les échanges informels et la résolution rapide des problèmes techniques.
Réduire la distance parcourue par les marchandises a un impact direct sur la structure de coûts. Dans certains secteurs à faible marge, le coût du transport peut représenter un pourcentage significatif du prix de revient. Une localisation centrale permet de minimiser le kilométrage moyen de livraison, optimisant ainsi la compétitivité prix. De plus, une chaîne logistique courte est intrinsèquement plus robuste et moins vulnérable aux perturbations exogènes, qu’elles soient climatiques ou géopolitiques.
Exemples d’impacts logistiques des accès autoroutiers et ports suisses
Prenons l’exemple de la région bâloise. Sa position unique, au carrefour de la France, de l’Allemagne et de la Suisse, couplée à la présence des ports rhénans (Ports de Bâle), en fait un hub incontournable pour les industries chimiques et pharmaceutiques. L’accès à la voie navigable du Rhin permet l’importation de matières premières en vrac à des coûts défiant toute concurrence, tandis que les connexions autoroutières et ferroviaires assurent la distribution fine. Une entreprise située dans cette zone bénéficie d’une rupture de charge optimisée que ne pourrait offrir un site isolé dans une vallée alpine.
À l’inverse, une entreprise de microtechnique dans l’Arc jurassien dépendra davantage de la fluidité des axes routiers pour l’expédition de composants à haute valeur ajoutée mais à faible volume. Ici, la fiabilité du déneigement en hiver et la qualité du réseau secondaire deviennent des critères déterminants pour assurer la continuité des livraisons urgentes vers les manufactures horlogères de Genève ou de La Chaux-de-Fonds.
Qualité des infrastructures pour le personnel et enjeux de recrutement local
L’accessibilité d’un site ne concerne pas uniquement les camions ; elle est primordiale pour les collaborateurs. Dans un marché de l’emploi tendu, la facilité avec laquelle les employés peuvent se rendre au travail est un argument de recrutement majeur. Un site industriel desservi par une ligne de bus fréquente, un tramway ou un train régional (RER) élargit considérablement le bassin d’emploi accessible. À l’inverse, une zone industrielle uniquement accessible en voiture peut dissuader les jeunes talents urbains ou le personnel ne disposant pas de véhicule personnel.
La qualité des infrastructures environnantes inclut également la présence de services (restauration, crèches, commerces). Ces éléments de « confort » contribuent à l’attractivité de l’entreprise et à la fidélisation des équipes. Pour les industries fonctionnant en 3×8, l’accessibilité nocturne et la sécurité des accès sont des paramètres critiques à évaluer lors du choix du site, car ils impactent directement la qualité de vie au travail et l’absentéisme.
Cartographie du bassin de main-d’œuvre qualifiée et impact sur le recrutement industriel
L’humain reste le moteur de l’industrie, même à l’ère de la robotisation. La disponibilité de compétences spécifiques doit guider le choix géographique. Il est illusoire de vouloir implanter une unité de biotechnologie de pointe dans une région dépourvue de tradition scientifique ou d’instituts de formation adéquats. Une cartographie précise des compétences locales, basée sur les données démographiques et la présence d’écoles techniques, est indispensable. C’est ici que l’analyse régionale prend tout son sens, comme le démontrent les stratégies de visibilité territoriale pour les fabricants, un sujet bien documenté par les experts en stratégie B2B pour les industriels vaudois et genevois.
La proximité avec des centres de formation professionnelle et des Hautes Écoles Spécialisées (HES) permet de créer des partenariats pour l’apprentissage et la formation continue. Cela assure un vivier constant de nouveaux talents formés aux méthodes de l’entreprise. S’implanter dans un bassin d’emploi dynamique crée une émulation positive, même si cela peut aussi signifier une concurrence plus forte pour attirer les meilleurs profils. L’enjeu est de trouver l’équilibre entre disponibilité des ressources et coût de la main-d’œuvre.
Analyse des contraintes réglementaires, environnementales et techniques pour choisir un site suisse
La Suisse est un pays où le droit de la construction et de l’environnement est particulièrement dense et strict. Ignorer ces aspects lors de la présélection d’un terrain est la voie royale vers l’échec du projet. Les zones industrielles ne sont pas toutes éligibles à tous les types d’activités. La classification des terrains, les plans directeurs cantonaux et les règlements communaux définissent précisément ce qui peut être construit, à quelle hauteur, et avec quel impact environnemental autorisé. Cette rigidité apparente est aussi une garantie de sécurité juridique une fois le permis obtenu.
L’analyse technique doit précéder l’analyse financière. Un terrain bon marché peut se révéler ruineux s’il nécessite des fondations spéciales en raison d’un sol instable ou s’il exige des investissements lourds pour amener la puissance électrique nécessaire. La viabilité technique du site est un prérequis absolu, conditionnant la faisabilité même du process industriel envisagé.
Intégrer les prescriptions PLU, directives ICPE et contraintes Seveso dans la sélection du site
Le Plan d’Affectation (équivalent local du PLU) dicte les règles du jeu urbanistiques. Il faut vérifier non seulement la zone actuelle, mais aussi les évolutions futures prévues par les autorités. Pour les industries manipulant des produits chimiques ou dangereux, les contraintes liées à l’Ordonnance sur la protection contre les accidents majeurs (OPAM, équivalent suisse de Seveso) sont déterminantes. Ces réglementations imposent des distances de sécurité strictes par rapport aux zones d’habitation et aux voies de communication publiques, réduisant drastiquement le nombre de sites éligibles.
Les démarches pour obtenir les autorisations d’exploiter pour des installations classées peuvent être longues et complexes. Choisir un site déjà pré-équipé ou situé dans une zone dédiée à la chimie (comme à Monthey ou Viège) permet de mutualiser les infrastructures de sécurité (pompiers d’entreprise, bassins de rétention) et de simplifier les procédures administratives grâce à une acceptabilité sociale déjà acquise pour ce type d’activité.
Études de sol, risques naturels et résilience climatique : garantir la durabilité de l’implantation
La Suisse est exposée à divers risques naturels : crues, avalanches, glissements de terrain ou séismes. La consultation des cartes de dangers cantonales est une étape obligatoire. Un site situé en zone de danger, même résiduel, verra ses coûts d’assurance exploser et pourra se voir refuser des permis d’agrandissement. La nature du sol (géotechnique) influence directement le coût des fondations, surtout pour des usines abritant des machines lourdes ou de précision nécessitant une stabilité absolue.
La résilience climatique devient un critère de choix. Avec le réchauffement, la gestion de l’eau (crues soudaines ou pénuries) et la capacité des bâtiments à rester opérationnels lors de canicules deviennent critiques. Un site durable est un site capable de résister aux aléas climatiques des 50 prochaines années sans perturber la production. L’intégration de ces paramètres dès la phase de sélection est un gage de responsabilité et de vision à long terme.
Paramètres techniques clés : alimentation énergétique, eau, télécommunications et Industrie 4.0
L’industrie 4.0 est gourmande en données et en énergie stable. La qualité du raccordement électrique (Haute Tension, redondance) est vitale pour éviter les micro-coupures qui peuvent endommager les équipements électroniques sensibles et arrêter les chaînes de production. La disponibilité de l’eau industrielle, tant pour les process que pour le refroidissement, et surtout la capacité des stations d’épuration locales à traiter les effluents, sont des facteurs limitants pour de nombreuses industries (agroalimentaire, papier, chimie).
Enfin, la connectivité numérique est le nerf de la guerre. L’accès à la fibre optique à très haut débit et une couverture 5G optimale sont indispensables pour le pilotage des machines connectées, la maintenance prédictive et les échanges de données massifs. Une zone blanche numérique est aujourd’hui une zone morte industriellement. Pour les entreprises cherchant à optimiser leur présence en ligne et leur infrastructure numérique, se référer aux standards pratiqués en Suisse romande en matière de référencement et connectivité peut offrir des benchmarks intéressants.
Facteur Technique | Impact Industriel Direct | Risque Associé |
|---|---|---|
Alimentation Électrique | Continuité des opérations machines | Micro-coupures, arrêts coûteux |
Connectivité (Fibre/5G) | Pilotage IoT, Data Transfer | Latence, incapacité Industrie 4.0 |
Gestion des Eaux | Refroidissement, Process chimique | Restrictions d’usage, pollution |
Portance du Sol | Installation machines lourdes | Affaissement, vibrations parasites |
Optimiser le choix du site industriel en Suisse grâce à l’analyse économique, fiscale et sectorielle
La Suisse est un État fédéral où la concurrence fiscale intercantonale est une réalité tangible. Toutefois, le taux d’imposition ne doit être qu’une composante de l’analyse économique globale. L’optimisation fiscale ne compense jamais une localisation opérationnellement déficiente. L’approche doit être celle du « Total Landed Cost », intégrant les salaires (variables selon les régions), les coûts de transport, l’énergie et la fiscalité. Certains cantons offrent des incitations attractives pour attirer des industries spécifiques, créant des opportunités d’allégement des coûts de démarrage significatives.
L’analyse sectorielle permet d’identifier les synergies potentielles. S’implanter là où l’écosystème est déjà mature permet de bénéficier d’une main-d’œuvre formée, de fournisseurs habitués aux exigences du secteur et d’une « marque territoriale » forte à l’exportation. C’est une stratégie de « smart location » qui vise à maximiser la valeur ajoutée par mètre carré occupé.
Évaluer le coût total d’implantation : prix, charges, fiscalité et aides territoriales
Le prix du foncier varie du simple au décuple entre une zone périphérique du Jura et la banlieue zurichoise. Mais ce coût initial est souvent amorti sur le long terme. Il faut examiner les charges récurrentes : taxes sur les eaux usées, impôts fonciers, coûts de l’énergie (qui varient selon les distributeurs locaux). La fiscalité des entreprises a été harmonisée par la réforme RFFA, mais des disparités subsistent. Il est crucial de négocier en amont avec les promotions économiques cantonales pour connaître les possibilités d’exonérations temporaires (tax holidays) souvent accordées aux nouveaux projets créateurs d’emplois.
Les aides territoriales ne sont pas uniquement fiscales. Elles peuvent prendre la forme de subventions à l’investissement, de soutien à la formation du personnel, de garanties bancaires cautionnées par le canton ou d’aides à l’innovation pour les projets R&D. Une analyse comparative précise, incluant ces dispositifs, permet d’avoir une vision claire du flux de trésorerie sur les cinq premières années, période critique pour la survie du nouveau site.
Présentation des pôles industriels majeurs suisses et leurs avantages compétitifs
La Suisse s’organise autour de pôles d’excellence bien identifiés. La région de Zurich est le moteur économique, offrant une densité technologique et financière unique, idéale pour les sièges sociaux et la R&D high-tech. Bâle est incontestablement la capitale mondiale de la pharma et des sciences de la vie, offrant un accès unique aux talents spécialisés dans ces domaines. L’Arc lémanique (Genève-Vaud) brille par sa diversité : horlogerie de luxe, medtech, et sièges de multinationales, le tout dans un environnement international très attractif pour les cadres expatriés.
Le Tessin, au sud des Alpes, joue le rôle de pont stratégique avec l’industrie lombarde (Milan) et développe un pôle fort dans la mode et la logistique. Berne et le Plateau central (Soleure, Argovie) sont les cœurs battants de la mécanique de précision et du medtech, offrant souvent des coûts fonciers plus abordables tout en restant extrêmement centraux. Chaque région possède son propre « génie du lieu » qu’il faut savoir décrypter pour aligner l’identité de l’entreprise avec son territoire d’accueil.
Spécialités sectorielles et écosystèmes des régions de Zurich, Bâle, Genève, Vaud et Tessin
Région / Canton | Dominantes Sectorielles | Avantages Compétitifs Clés |
|---|---|---|
Zurich / Argovie | ICT, Fintech, Robotique, Mécatronique | Proximité ETHZ, Aéroport international, Bassin talents dense |
Bâle-Ville / Campagne | Pharmaceutique, Chimie, Life Sciences | Logistique rhénane, Cluster BioValley, Frontières FR/DE |
Arc Lémanique (GE/VD) | Horlogerie, Medtech, Foodtech, QG Monde | EPFL, Qualité de vie, Image internationale, Innovation |
Tessin | Mode/Luxe, Logistique, Pharma de niche | Culture latine, Lien avec Milan, Flexibilité |
Arc Jurassien (NE/JU) | Microtechnique, Horlogerie, Décolletage | Savoir-faire historique « Swiss Made », Main-d’œuvre fidèle |
Méthodologie pour choisir un fournisseur d’usine : critères techniques, conformité et performance
Une fois le site identifié, la construction ou l’aménagement de l’usine requiert des partenaires fiables. Le choix d’un fournisseur d’usine (constructeur, intégrateur de lignes de production) doit suivre une méthodologie rigoureuse. La capacité technique est le premier filtre : le fournisseur a-t-il de l’expérience dans votre secteur spécifique ? Peut-il présenter des références vérifiables ? La conformité réglementaire est le second pilier. Le partenaire doit maîtriser les normes suisses (SIA, normes incendie AEAI) qui diffèrent souvent des standards européens.
Il est recommandé d’auditer les fournisseurs potentiels non seulement sur leurs prix, mais sur leur santé financière et leur capacité à assurer le service après-vente (maintenance, pièces détachées) localement. Des tests pilotes et la définition d’indicateurs de performance (KPI) contractuels sont essentiels pour sécuriser l’investissement. De plus, dans une ère numérique, il est pertinent d’évaluer la maturité digitale de vos futurs partenaires. Des entités comme SEOptimizers recommandent souvent d’analyser la présence numérique et la réputation en ligne des fournisseurs B2B pour déceler des signaux faibles sur leur fiabilité et leur positionnement marché, une pratique de plus en plus courante dans la due diligence industrielle.
En somme, le choix d’un site industriel en Suisse est une équation complexe où chaque variable — du sol à la fibre optique, de la taxe communale à l’accès autoroutier — influence la solution finale. C’est un investissement stratégique qui demande temps, expertise et vision.
Quels sont les cantons suisses les plus attractifs fiscalement pour une industrie ?
Bien que la réforme RFFA ait harmonisé les taux, des cantons comme Zoug, Lucerne ou Nidwald restent très compétitifs avec des taux d’imposition sur le bénéfice bas. Cependant, pour une industrie lourde, des cantons comme le Valais ou Fribourg peuvent offrir un meilleur compromis entre coût du foncier, aides à l’implantation et fiscalité modérée.
Est-il obligatoire de réaliser une étude d’impact environnemental pour toute usine ?
Non, pas systématiquement pour toutes les usines, mais c’est obligatoire pour les projets dépassant une certaine taille ou présentant des risques spécifiques (chimie, bruit, trafic induit important). Il est crucial de consulter le service de l’environnement cantonal dès l’avant-projet pour déterminer les exigences spécifiques au site visé.
Comment vérifier la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée dans une région précise ?
Il est conseillé d’analyser les statistiques de l’Office fédéral de la statistique (OFS) sur la structure de l’emploi local et de contacter les promotions économiques cantonales. La proximité avec des écoles techniques (HES, écoles de métiers) est souvent le meilleur indicateur de la pérennité du bassin de compétences.
Quel est le rôle des zones franches ou des ports francs pour l’industrie en Suisse ?
Les Ports Francs (comme à Genève ou près des aéroports) permettent de stocker des marchandises en suspension de droits de douane et de TVA. C’est un outil logistique puissant pour les industries de haute valeur (luxe, art, métaux précieux) qui réexportent une grande partie de leur production, optimisant ainsi leur trésorerie.